Atelier du 31 Juillet 2016

« Hissez le pavillon noir ! »

Thème – Les Pirates –

Partie 1: Elaborer les différentes étapes de la construction du récit dont vous incarnez le héros.
Choisir un des trois scénarios possibles dont les contraintes vont vous aider à structurer votre intrigue. Rédigez la trame, le squelette de votre histoire.
Sujet 1 : Lorsqu’une légende de Bretagne refait surface.
Exposition : Une jeune femme habitante une petite ville côtière. Auberge très prisée des marins.
Péripéties : Arrivée/retour d’un vaisseau fantôme
Conclusion : Naissance d’une légende.

Ceridwen, jeune femme de 25 ans vit au bord de la mer, sur une presqu’île bretonne quasiment oubliée, car toujours entourée de brumes mystiques. Elle à pris la suite de feu sa mère à la gestion de leur auberge, qui, malgré les nombreuses réparations, avait tout une aile qui tombait en ruines.
Grande, de long cheveux roux qui lui tombent au genoux, des yeux violet qui semblent toujours pouvoir lire au plus profond de chacun.
Les marins affectionnent tout de même sa compagnie et son service qu’ils jugent de toujours agréable. Elle chante et danse parfois avec eux, lorsque l’ivresse les emportes, mais toujours, les éconduits quand ils se font trop entreprenant, son coeur n’appartenant qu’à la Mer.
Mer qu’elle observe tout les jours, quand les premiers rayons du jour se lèvent et illuminent l’eau de lueur qu’elle trouve magique. Un jour qu’elle trouve que sa vie est trop routinière et ennuyante, elle discerne juste avant que la Nouvelle lune ne se lève, un vieux galion a trois mats qui n’en était pas à sa première bataille navale.
Les marins alentours sont nerveux, de vielles légendes sur le « Hight Pontus » reviennent en surface, mais Ceridwen ne croit pas aux légendes de vieux marins saouls.
Pourtant, a la levée du jour, le galion pourtant imposant et bruyant de par son vieux bois qui craque, a disparut.
Il semble qu’un fil du temps, il n’apparaisse que la nuit, quand le ciel est entièrement noir.
Une nuit, une sombre silhouette encapuchonnée débarque dans l’auberge, et formule une demande bien particulière à Ceridwen, qui n’a pas d’autre choix que d’accepter. Sans le savoir, elle vient d’offrir sa liberté au ténébreux personnage, dont jamais, elle ne vit le visage.
C’est ainsi qu’elle embarque au lever du jour sur le vaisseau aux allures fantomatiques, a la conquête d’une rare conque, capable de commander l’Ankou, celui qui aurait maudit le Capitaine Rydell a une éternité d’errances.
Selon lui, seul l’âme pure d’une femme pouvait s’emparer de cette conque de perle.
Voguant sur les mers, l’équipage d’abord brusque et vindicatif envers cette présence féminine qui ne leur plaît guère, fini par s’accoutumer a Ceridwen. Ils passent les nuits de tempêtes a chanter les vieux cantiques de loups de mers, et a danser, comme pour braver les esprits de l’eau dont le Capitaine Rydell est persuadé de leur existence. Ce dernier, tente de s’attirer les meilleurs sentiments de la jeune femme, parfois de manière fort maladroite.
Ils parviennent a une grotte étrange et Ceridwen y rentre seule. Elle erre dans l’obscurité totale pendant quelque temps avant qu’une voix sortie des profondeurs ne vienne la mettre en garde. Le Capitaine, ce forban sans foi ni loi lui aurait menti, ne désirant cette conque que pour contrôler les forces indomptables de la nature.
Ceridwen se voit pourtant remettre la conque légendaire, a force de brûlant plaidoyer. Elle revient victorieuse sur le bateau où le Capitaine Rydell la détrousse de sa trouvaille et l’enferme dans sa cale humide et crasseuse.
Des jours et des nuits, elle pleura, et tempêta contre l’homme qui l’avait trahie. Puis, la voix revint la trouver, cette fois, lui proposant de l’aider a obtenir la vengeance qu’elle attendait tant.
Alors que Rydell utilisait la conque pour piller, incendier et détruire des vies et villages d’innocents, Ceridwen parvint a s’échapper, grâce à l’aide de la voix.
Flottant sur les eaux torturée de la Mer qu’elle aime toujours autant, elle jure de lui offrir son âme si elle parvenait à survivre. Trois jours plus tard, elle s’éveille contre un rocher, une grande silhouette émaciée, sans visage, avec une faux à la main la veillant depuis un banc de sable.
L’ankou en personne est venu la chercher. Alors qu’il allait se saisir d’elle, la Mer qui avait entendu sa prière intervient, jurant que l’âme de la jeune fille lui appartient.
Vaincu l’Ankou remet la vie de Ceridwen entre les mains d’écume de l’entité marine. Celle-ci lui offre une belle queue de perles et de saphirs, et la capacité de respirer dans l’eau comme un poisson.
Avant de partir l’Ankou la met en garde. Si jamais son coeur se couvrait d’amour pour quelqu’un d’autre que la Mer qui l’avait sauvé, elle devrait précipiter la mort de ce dernier, car l’Ankou devait recevoir un tribu.
Ceridwen apprécie la vie marine plus que jamais, mais dans sa mémoire toujours, lui revient la trahison du Capitaine Rydell.
Elle le revois bien plus tard, son coeur se réanime pour lui comme il lui avait plus tard. L’ankou se manifesta de nouveau a elle, la forçant a attirer dans les flots profonds son amour perdu.
Son coeur appartenant de nouveau a la Mer, elle versa des larmes de cristal en son souvenir. Sur les rochers, souvent, elle pleure son amour déchu, et sa voix enchanteresse tirerait les plus profondes douleurs des hommes, les précipitant dans les flots déchaînés.
Ainsi naquit les légendes des Maries-Morgan, enfantes des mers, amoureuses des océans au coeur de pierre envers les vieux marins qui ne pensaient qu’a la gloire et la richesse.
La conque elle, sombra au fin fond des flots.

Partie 2 : Dès maintenant, écrivez une scène de récit que vous avez construit, ou d’une autre
histoire en vous aidant (ou non) des pitchs proposés sur le thème.

Les bourrasques sifflaient et soufflaient, le bois craquait et grinçait. Les fantômes de milles âmes damnées hurlaient au vent leur sombres malédictions. Ceridwen regardait les marins lutter contre les déferlantes, le coeur au bord des lèvres, les estomacs se soulevant de pair avec le gréement.
« -Haut les cœurs messieurs ! Tonna la voix du Capitaine Rydell. Nous allons atteindre la baies noire avant la nuit, nul torrent du malin ne saurait me dévier de ma route !!! »
Il ressemblait a un lion, sa crinière blonde, presque blanche voletant furieusement contre son visage carré, donnant a son regard vert une lueur froide et combative qui poussa son équipage à redoubler d’efforts pour rentrer la grand voile. Ceridwen ne craignait pas la Mer, mais le naufrage ne lui semblait pas être des plus merveilleuse fin. Se rappelant des légendes que le Maël Oeil de bois lui avait compté après deux ou trois verres de rhum, elle prit une grande inspiration et se mit a chanter. Pas d’une voix grasse comme les vieux filous le faisaient, mais avec douceur, candeur et élégance. Les hommes se moquèrent, certains crachant à ses pieds de dédain, d’autre la menaçant de lui faire avaler ses gazouillement d’oiseaux avec leurs sabres acérés. Mais alors qu’elle entamait le refrain, il sembla qu’une accalmie se faisait sentir au loin : le ciel obscur grisonnait, puis blanchissait. Le vent n’emportait plus ses paroles au lointain, mais les faisait résonner dans le bois miteux des mâts.
Alors les hommes cessèrent de ricaner. Le Capitaine s’avança vers elle, planta ses yeux de fauve dans ceux de la jeune femme avec un air de colère qui vrillait l’alentour de son aura menaçante. Pourtant, elle continua de chanter, et comme elle continuait, le « Hight Pontus » se stabilisa, fini d’osciller de part en part comme s’il était animé par un esprit facétieux.
Ceridwen sourit, victorieuse, alors que le silence se faisait. Sa chanson, prière à la Mer d’un
calme voyage, avait apparemment trouvé oreille mystique où se perdre.
« -Je te savais bien des choses, femme, mais je t’ignorais sorcière ! Siffla le Capitaine Rydell, dos à ses hommes, alors que ses prunelles se chargeaient de reconnaissance.
-Si je suis une sorcière, alors tout est sorcellerie, Capitaine. Mais regardez plutôt, au loin je perçois les épaves de vos prédécesseurs !
-Que ton chant ne nous égare pas, sorcière, ou l’Ankou en est témoin que tu rejoindra les abîmes qui te percent le coeur. Car si le miens est tombé sous ton ensorcellement, le tiens est aussi froid et tumultueux que celui des mers que je sillonne.
-Allons allons Capitaine, ne mélangez par sorcellerie et sentiment, cela n’est pas raisonnable. Ne prendrez vous pas la barre de nouveau ? Sans quoi nous sommes tous perdus ! »
Et perdus, les hommes se croyaient. Des jours qu’ils voguaient, les réserves s’amenuisant, sans un port où mouiller l’ancre et s’accoquiner, essuyant tempête sur tempête, avec pour seul chaleur en ces longues journées sans soleil, que le rhum qui leur tordait les boyaux. Pas même un sabordage ou entourloupe à fomenter, avec à perte de vue une mer aussi noire que leur pensées, agitée de tumultes violentes qui les tiraient du sommeil. La seul agréable compagnie qu’ils avaient, provenait de cette jeune femme à la chevelure de feu, que le Capitaine Rydell tenait a s’approprier personnellement.
Pourtant, pas une seule fois l’idée d’une mutinerie ne leur vint à l’esprit. Ils savaient ce que le
Capitaine avait en tête, il n’avait pas eu grand besoin de le leur expliquer. L’on disait de source sur, que la grotte des non mourants, était un véritable sanctuaire de créatures sanguinaires qui n’appréciaient que la douce offrande d’une jeune femme en l’échange d’un marché.
Ils avaient tous crus leur Capitaine simple d’esprit au premier abord pour ainsi croire aux fantasmes d’hommes ivres, et les fantaisies de vielles nonnes déchues. Mais plus ils s’approchaient de la destination prévue, et plus le paysage paraissait tel que les récits des ivrognes les avaient décrits.
Alors ils avaient cessés de cancaner à la barbe de leur Capitaine, avides des richesses que la Conque de perle allait leur permettre.
Et maintenant que Ceridwen se remettait à chanter, il leur apparut qu’il n’était pas si désagréable de se laisser voguer ainsi par tant d’enthousiasme et de déférence. Un à un, ils se joignirent à elle, et bientôt les cales moisies et mitée du galion aux allures de spectre noir, résonnèrent de leur voix parfois bourrue, d’où ressortait l’harmonieuse mélodie de Ceridwen. Le Capitaine Rydell en personne se joignit à leur tumulte musical, rugissant par dessus le vent qui les poussait tout droit vers leur destin.

Asteria Skylar

 

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